La revue Takarazuka

La revue Takarazuka est une compagnie japonaise de comédie musicale qui a l’originalité d’être composée exclusivement de femmes. Célèbre au Japon, elle l’est beaucoup moins en Occident.

Même les connaisseurs ou curieux du Japon connaissent beaucoup moins la revue Takarazuka que les arts japonais traditionnels de la scène  : théâtres bunraku, kabuki, no …. Peut-être justement parce que ce sont des arts traditionnels au contraire de la revue Takarazuka qui est beaucoup plus récente. Elle a en effet été fondée en 1914 dans un but qui était alors purement commercial.

La ville de Takarazuka, située à proximité de Osaka, était à cette époque un centre thermal populaire desservi par la compagnie de chemin de fer Hankyu. Son président eut l’idée de créer une compagnie de comédie musicale à Takarazuka pour booster les ventes de billets et donc le chiffre d’affaires de sa société. Il pensa qu’une compagnie entièrement féminine aurait beaucoup d’originalité et attirerait donc l’attention : à cette époque, le code civil japonais plaçait en effet les femmes dans un statut très inférieur aux hommes (la femme mariée devait obéissance à son mari et à sa belle-famille) et une forme de théâtre influente, le bunraku, n’était joué que par des hommes.

spectacle de laTakarazuka en 1930

Même si ses motivations étaient purement financières, Kobayashi avait un excellent sens commercial : le revue Takarazuka devint en effet vite populaire et attira une clientèle venue de tout le Japon. Un deuxième théâtre ouvrit d’ailleurs à Tokyo en 1934. Le nombre d’actrices passa de vingt à ses débuts pour augmenter régulièrement et se  compter maintenant en centaines.

L'entrée du grand théâtre de la Takarazuka

Actuellement la revue Takarazuka donne des spectacles toute l’année aussi bien aux théâtres de Takarazuka et de Tokyo et part régulièrement en tournée au Japon et à l’étranger. Elle a présenté et présente toujours des comédies musicales tirées d’œuvres du répertoire occidental comme japonais, moderne comme traditionnel. Comédies musicales bien sûr, mais aussi films, pièces de théâtres et romans réinterprétés. On peut citer pêle-mêle :

  • Le portait de Dorian Gray
  • Autant en emporte le vent
  • Les liaisons dangereuses
  • Tristan et Iseult
  • Les contes d’Hoffman
  • Casablanca
  • Hamlet
  • Oceans’ eleven
  • Guerre et Paix
  • Aïda

….

Des mangas, films et dramas japonais sont bien sûr aussi interprétés par la revue Takarazuka. Le manga La Rose de Versailles, interprété en 1974 est un des plus connus. Cette année, la revue Takarazuka interprète Jin, un manga adapté en drama en 2009 qui raconte l’histoire d’un médecin voyageant dans le temps.

Pour jouer un répertoire si varié, il faut beaucoup de talent. Les actrices composant la revue Takarazuka arrivent en effet à l’intégrer après une sélection et une formation extrêmement sévères et arrêtent toujours leur carrière au plus tard à la trentaine. Ceci ne signifie pas qu’elles arrêtent toute carrière dans le spectacle : certaines actrices de la revue Takarazuka ont fait (et font encore) une carrière réussie au cinéma et/ou à la télévision. Parmi elles : Yuki Amami et Miki Maya.

L'actrice Yuki Amami, formée à a la revue Takarazuka

Les grandes stars de la revue Takarazuka sont les otokoyaku, c.a.d. celles qui tiennent les rôles masculins. Les actrices ne tenant que les rôles féminins sont elles musumeyaku.

La revue Takarazuka ne s’arrête pas à ses spectacles de comédie musicale : elle a en effet eu une importance non négligeable sur la production d’animes et de mangas, en particulier les shojos mangas (mangas destinés aux filles). De même sa composition exclusivement féminine sert à contrebalancer le statut traditionnellement inférieur de la femme dans la société japonaise (le public de la Takarazuka est très majoritairement féminin).

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