L’évolution du statut des femmes japonaises

Couples mariés issus essentiellement de mariages arrangés, pères tout-puissants, femmes japonaises étant d’abord des mères au foyer soumises à leurs maris … : les femmes japonaises auraient un statut qui reflèterait une société restée dans l’ensemble arriérée. Ce statut est cependant, lentement mais sûrement, en train de changer.

Gare_Shinagawa

Concernant les mariages arrangés, ils ont pu être assez importants à une époque mais ont presque disparus : en 2009, 15,5 % des couples quinquagénaires sont issus de mariages arrangés contre 1,35 % des couples trentenaires.

Concernant le statut de la femme japonaise, cette dernière a traditionnellement un rôle de mère au foyer et ce statut persiste : les Japonaises en effet ont de grosses difficultés à concilier vie familiale et vie professionnelle et beaucoup d’entre elles doivent quitter leur emploi au moment de l’arrivée du premier enfant. Les chiffres de la participation des femmes à l’emploi salarié le montrent par la courbe ci-dessus : le taux d’activité des japonaises chute entre 20 et 30 ans, la maternité obligeant souvent à renoncer à une vie professionnelle.
Cependant l’évolution de cette courbe entre 1970 et 2000 montre une montée, lente mais régulière, du taux d’activité des femmes, surtout dans la fameuse tranche d’âge 20-30 ans.

Les Japonaises représentent actuellement 40% de la population active et le nombre de femmes mariées qui travaillent dépasse celui des femmes au foyer depuis 1984. En 2003, le taux d’activité des femmes japonaises était même de 64,2 %, donc légèrement supérieur à la moyenne de l’OCDE. Même si ces chiffres élevés cachent une forte proportion d’emplois à temps partiel et/ou peu qualifiés et une très faible présence féminine dans les postes à responsabilité, l’évolution est réelle, confirmée par un changement des mentalités : 23% des Japonais jugeaient souhaitables qu’une mère travaille en 1992 mais 43% en 2007.
De même, les femmes sont de plus en plus présentes dans les études supérieures : en 2003, 48,3% des lycéennes diplômées sont entrées dans une formation supérieure contre 49,6% des garçons.

Autre changement net témoignant de l’évolution de la condition féminine : l’augmentation du nombre de divorces (2,27 divorces pour 1000 mariages en 2003 contre 1,22 pour 1000 en 1980). Le divorce est de plus en plus à l’initiative de la femme et concerne de plus en plus de couples ayant déjà eu une longue vie commune. Parallèlement l’âge du mariage recule et le nombre de célibataires augmente : le pourcentage de célibataires chez les 25-29 ans est passé entre 1980 et 2010 de 55,1 % à 71,4 % pour les hommes et de 24% à 59% pour les femmes. On peut presque parler d’explosion du célibat pour les jeunes femmes japonaises.

Ces tendances actuelles vont à l’encontre de la vieille tradition japonaise selon laquelle la femme mariée tôt vit ensuite comme mère au foyer. Ce statut n’a pourtant rien d’une vieille tradition immémoriale. Philippe Pelletier a même parlé de « tradition inventée » : c’est en effet le gouvernement du Meiji au XIXème siècle qui, en même temps qu’il modernisait le pays sous l’inspiration occidentale, rédigeait un code civil instaurant un code de la famille dans lequel la femme n’avait aucun pouvoir de décision et devait obéir à son mari ainsi qu’à sa belle-famille. Ce n’est qu’en 1947 que cette infériorité officielle de la femme fut supprimée mais persista dans les mœurs jusqu’à aujourd’hui. Au début du 17ème siècle, les femmes disposaient de nettement plus de liberté : relative liberté sexuelle, liberté de circulation, indépendance économique, liberté de divorcer.

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